Nous saluons la solution diplomatique de la crise nucléaire !

Nous mettons en garde contre un éventuel marchandage sur la question des droits de l’homme en Iran !

La crise nucléaire iranienne, qui ne cessait de s’aggraver au cours de cette année et qui annonçait même la perspective d’un affrontement militaire, semble s’apaiser et trouver une sortie. En effet, avec d’une part l’offre faite par les six (les cinq membres permanents du Conseil de sécurité et l’Allemagne), et d’autre part la volonté exprimée par le gouvernement iranien d’étudier attentivement cette offre et d’y répondre avec un esprit positif, on peut espérer une sortie diplomatique à la crise. Toutefois, étant donnée la politique jusqu’ici aventureuse et provocatrice de la République Islamique, il faut toujours être très prudent et ne pas se laisser berner par un optimisme béat. 
L’événement le plus important est le fait que dans leur offre, les six ont décidé d’un commun accord d’exclure comme solution envisageable toute option militaire. De même, ils ont précisé qu’en cas de transgression de la part de l’Iran, les sanctions de la communauté internationale, du moins dans la phase actuelle, seront au pire d’ordre politique ou économique. Cette initiative constitue une ouverture considérable pour convaincre l’Iran de revenir à la table des négociations, d’autant plus que le président américain s’est déclaré prêt à discuter avec les responsables politiques iraniens. 
Pendant toutes ces années où le spectre de la crise nucléaire planait sur notre pays, nous avons toujours signalé qu’elle était le pire et le plus néfaste champ de bataille jamais ouvert dans notre pays contre la paix, la sécurité, et la démocratie. Analysant ainsi l’origine et la nature de cette crise, nous avons toujours considéré que la sortie de celle-ci doit être notre première priorité, et que cette crise doit progressivement prendre fin par la voie diplomatique. C’est pourquoi, notre première réaction devant la probabilité de plus en plus grande de l’apaisement de cette crise a été d’exprimer notre approbation et notre joie. Pour ces raisons, et tenant compte des évolutions en cours, nous considérons comme l’urgence politique du moment de déclarer que : 
1- A l’heure actuelle, c’est la République Islamique qui a la plus grande responsabilité. Car c’est elle qui est principalement coupable dans cette crise, puisque c’est elle qui l’a provoquée et aggravée. Ainsi, en acceptant cette offre, elle doit sans tarder répondre à son devoir décisif envers les soixante-dix millions Iraniens, ainsi qu’envers toutes les nations du Moyen-Orient et l’humanité entière. Maintenant que la solution de la crise dépend de la décision de la République Islamique, le peuple iranien exige de son gouvernement qu’il cesse de le prendre en otage pour mener ses projets aventureux, qu’il ne perde plus de temps, et qu’il place l’intérêt de la nation au-dessus de ses propres intérêts.
2- Cette offre indique explicitement que l’Iran a le droit d’utiliser la technologie nucléaire à des fins pacifiques. Ainsi, le gouvernement iranien ne peut plus, sous prétexte que ce droit n’est pas reconnu par les puissances mondiales, brouiller les esprits et susciter un sentiment nationaliste déplacé chez les Iraniens. L’utilisation de la technologie nucléaire à des fins pacifiques est certes le droit du peuple iranien. Mais c’est à lui de décider s’il doit ou non user de ce droit, et c’est à lui d’en fixer les conditions et les limites, et non pas à la République Islamique. En effet, le gouvernement iranien n’a pas obtenu ce droit par le biais d’un dialogue démocratique pour pouvoir se l’approprier, s’en servir à sa guise, le commenter, ou l’appliquer. 
3- Cette offre a souligné à juste titre le rôle principal et actif de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) comme instance autorisée à demander à la République Islamique de répondre aux inquiétudes et aux problèmes qu’elle a suscités récemment et dans le passé. Cette offre insiste sur le contrôle central et actif de cette institution internationale reconnue sur toute activité nucléaire de la République Islamique, et demande à celle-ci de respecter les articles du protocole additionnel à cette offre. Ces demandes ne sont autres que celles qui ont toujours été faites par les forces démocratiques de l’Iran, et tout Iranien qui défend la paix, la sécurité, et la protection de la nature, les accepte volontiers. A cette offre, la République Islamique doit donner, avec transparence, une réponse favorable, nette et sans condition préalable. 
4- Dans cette offre, en contrepartie de la suspension du renvoi du dossier nucléaire iranien au Conseil de sécurité, condition fixée par l’Iran pour la reprise des négociations, on a demandé à la République Islamique l’engagement raisonnable et compréhensible de suspendre à son tour toute activité d’enrichissement de l’uranium et de respecter cet engagement tout au long de ces négociations. La République Islamique a le devoir de satisfaire cette exigence minimale de la communauté internationale, qui depuis longtemps n’a plus aucune confiance dans les gestes et les actes du gouvernement iranien. En renonçant à poursuivre ses projets suspects, celui-ci créera une ambiance saine et indispensable à la poursuite des négociations. Ainsi, la République Islamique doit arrêter sans condition préalable son programme d’enrichissement de l’uranium et reprendre les négociations avec la communauté internationale. 
5- Dans leur offre, les six ont mentionné des garanties visant à « préserver l’intégrité territoriale et la souveraineté politique» de l’Iran grâce au développement des relations diplomatiques entre les Etats de la région et d’autres pays concernés, ainsi qu’à une plus grande coopération entre eux. Certes, dans l’absolu, on ne peut faire d’objection sur ce point. Toutefois, cela doit être étudié très attentivement, d’autant plus que dans cette offre on ne trouve pas un seul mot, même sous forme de conseil, sur la nécessité du respect des droits de l’homme ! Naturellement, le silence total qu’on trouve dans ce texte sur la question des droits de l’homme n’exclut pas l’éventualité d’un marchandage à ce sujet. C’est pourquoi, ce mutisme sur la question des droits de l’homme nous désole et nous inquiète. Par ailleurs, nous nous réjouissons que dans leur offre, les puissances mondiales aient insisté sur le respect de « l’intégrité territoriale ». Cela s’accorde avec la position que nous et d’autres forces démocratiques – autrement dit l’opposition iranienne, qui constitue une troisième force, distincte des deux forces en conflit- avons toujours défendue concernant le danger d’une intervention militaire étrangère et la nécessité pour l’Iran d’éviter des affrontements avec les pays étrangers. Nous souhaitons même interpréter selon notre point de vue les garanties données par l’Occident concernant « l’intégralité territoriale », en précisant que ce sont les Iraniens eux-mêmes qui peuvent et qui doivent déterminer le sort politique de leur pays et choisir leur gouvernement, aucune puissance n’ayant ni la légitimité ni l’obligation de les faire à leur place. Malgré tout, nous déclarons clairement que, de même que nous avons toujours refusé de focaliser toute la tension entre l’Occident et la République Islamique sur la question nucléaire et d’y ramener tous les problèmes, de même nous refusons fermement de réduire le conflit entre la République Islamique et l’humanité entière à la seule question du nucléaire, et nous mettons en garde contre les dangers d’une telle démarche. Si les gouvernements du monde veulent oublier que le but de la République Islamique, en provoquant et en aggravant la crise nucléaire, était surtout et avant tout de préserver et de renforcer son propre pouvoir afin de poursuivre sa politique inhumaine contre les Iraniens, les forces démocrates, quant à elles, ne l’oublient pas et ne faibliront jamais dans leur analyse. 
6- Il est évident que c’est au peuple iranien de faire reculer ce régime. C’est lui qui doit, en résistant contre cet Etat despotique, empêcher que les droits de l’homme soient violés dans notre pays. C’est le rôle de tous ceux qui militent pour la démocratie en Iran de trancher avec ce gouvernement antidémocratique et d’instaurer la démocratie dans notre pays. Mais, cela ne diminue en rien la responsabilité de la communauté internationale au regard des centaines de rapports, déclarations, prises de position et décisions édictées par les organisations, les institutions et les gouvernements au cours des vingt-sept dernières années sur la violation grave et permanente des droits de l’homme en Iran. C’est pourquoi, il faut faire parvenir aux oreilles de tous les hommes partout dans le monde qu’ils ont le devoir de protester avec persévérance contre la violation des droits de l’homme en Iran par un régime qui, par nature, ne peut être autrement que despotique. Tout le monde doit savoir que le peuple iranien applaudit et applaudira la solution diplomatique de la crise nucléaire, mais qu'il ne pardonnera à personne tout marchandage sur la question des droits de l’homme en Iran. 
Pour faire entendre notre avertissement et notre protestation, nous avons besoin de l’union des forces de la paix, de la démocratie et des droits de l’homme. Union dont le besoin se faisait sentir hier par la montée de la crise nucléaire, et aujourd’hui, encore davantage, par l’apaisement de la crise et par une éventuelle sortie de crise au détriment de l’intérêt du peuple iranien. Tant que ce gouvernement aventureux, intolérant, et oppresseur est en position de force, on aura besoin d’une union vaste et solide pour défendre la paix, la démocratie, et les droits de l’homme. Union qui sera le moyen le plus efficace pour institutionnaliser la démocratie de l’Iran d’après la République Islamique.

Le bureau politique - exécutif de l’Organisation des Fadaïan du peuple d’Iran(Majoritaire)
Le 10 juin 2006 

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